Transco met 165 bus à la casse, symbole d’une entreprise en pleine crise

Alors que des millions de Kinois peinent chaque jour à trouver un moyen de transport pour se rendre au travail, la Société de transport au Congo (Transco) s’apprête à envoyer 165 bus et minibus à la casse. Au-delà d’une simple opération de liquidation, cette vente aux enchères illustre la profonde crise que traverse le principal opérateur public de transport urbain en République démocratique du Congo.

La Direction générale de Transco a lancé un appel d’offres pour la vente de 165 épaves de bus et minibus, destinées exclusivement à la destruction sur place à Kinshasa. Autorisée par un accord de principe du vice-Premier ministre chargé des Transports, cette opération vise à évacuer un parc automobile devenu irrécupérable tout en générant quelques recettes issues de la cession de ces actifs.

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Une entreprise au bord de l’asphyxie

Derrière cette mise à la casse se dessine le portrait d’une entreprise confrontée à de graves difficultés financières et organisationnelles.

Créée en 2013 avec l’ambition de moderniser le transport public et de réduire les embouteillages dans la capitale, Transco connaît aujourd’hui l’une des périodes les plus délicates de son histoire. Au fil des années, la flotte s’est fortement dégradée, les contraintes budgétaires se sont aggravées et les problèmes de gouvernance se sont multipliés.

En février 2026, le directeur général intérimaire de l’époque, Sylvestre Bilambo Likwey, avait été suspendu pour trois mois par le ministre des Transports, Jean-Pierre Bemba. Le Conseil d’administration lui reprochait notamment un déséquilibre financier chronique, un endettement croissant, une évaluation controversée du parc automobile ainsi qu’une gestion jugée défaillante des représentations provinciales.

Une crise sociale persistante

À cette crise institutionnelle s’est ajoutée une crise sociale. Les agents de Transco dénonçaient plusieurs mois d’arriérés de salaires, alimentant un climat de fortes tensions au sein de l’entreprise.

Début mars 2026, Jérémie Kilubu Matondo a été nommé directeur général intérimaire avec pour mission de redresser une société en grande difficulté et de restaurer son fonctionnement.

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Les Kinois en première ligne

Pendant ce temps, les conséquences sont visibles chaque jour sur les routes de Kinshasa. Les quelques bus encore en circulation sont souvent vétustes, régulièrement surchargés et largement insuffisants pour répondre aux besoins d’une agglomération qui approche les vingt millions d’habitants.

Dans plusieurs communes densément peuplées, notamment dans le district de Tshangu, des milliers d’usagers sont contraints de parcourir de longues distances à pied ou de recourir à des transports privés, dont les tarifs ne cessent d’augmenter. Les embouteillages chroniques, la saturation des véhicules et le coût élevé des déplacements compliquent davantage le quotidien des habitants.

Des promesses toujours attendues

Les autorités ont, à plusieurs reprises, annoncé un vaste programme de renouvellement de la flotte, évoquant notamment l’acquisition de 1 000 nouveaux bus. Toutefois, ces annonces tardent encore à se concrétiser sur le terrain.

En attendant une véritable relance du transport public, la mise à la casse de 165 véhicules apparaît comme le symbole d’une entreprise qui s’éloigne progressivement de la mission qui lui avait été confiée : offrir aux Kinois un service de transport public fiable, accessible et efficace.

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