RDC–Tanzanie : Denise Dusauchoy arrêtée dans le cadre de la coopération judiciaire internationale
Les autorités de la République démocratique du Congo ont annoncé l’arrestation de Mme Denise Dusauchoy en République-Unie de Tanzanie. Selon un communiqué officiel du Ministère d’État, ministère de la Justice et Garde des Sceaux, cette interpellation est intervenue le 30 août 2026, dans le cadre de la coopération judiciaire internationale.
D’après le Communiqué n°0031/CAB/ME/MIN/J&GS/2026, Mme Denise Dusauchoy a été arrêtée par les autorités compétentes tanzaniennes en exécution d’un mandat d’arrêt délivré par les autorités judiciaires de la République démocratique du Congo.
Des dossiers pénaux en cours d’instruction
Le ministère précise que cette arrestation fait suite à des démarches judiciaires engagées par les autorités compétentes de la RDC dans le cadre de dossiers pénaux actuellement en cours d’instruction.
Le communiqué rappelle également qu’en octobre et novembre 2025, le Procureur général près la Cour de cassation avait transmis aux autorités judiciaires belges trois commissions rogatoires internationales relatives à des dossiers ouverts au Parquet de grande instance de Kinshasa/Gombe, concernant Mme Denise Dusauchoy ainsi que d’autres personnes.
Des mandats d’arrêt internationaux avaient, selon le ministère, été émis dans le cadre de ces procédures.
Les autorités congolaises saluent ainsi la qualité de la coopération avec la Tanzanie, estimant que cette collaboration a permis l’exécution de la mesure judiciaire dans le respect des procédures applicables.
Le ministère exprime notamment sa reconnaissance aux autorités tanzaniennes pour leur « collaboration diligente » et réaffirme l’engagement de la RDC à renforcer la coopération judiciaire internationale dans la lutte contre l’impunité.
Péro Luwara trace la limite entre critique et dérive
Connu pour ses prises de position critiques envers le pouvoir, le journaliste Péro Luwara s’est également exprimé sur cette affaire au micro de Pamela Grâce.
Selon lui, Denise Dusauchoy aurait, dans certaines de ses interventions publiques, « dépassé le seuil du tolérable et de l’acceptable ».
Le journaliste condamne notamment les propos à caractère intime et offensant qui lui sont attribués à l’encontre de la Première dame, Denise Nyakeru, ainsi que la diffusion présumée de numéros privés attribués au Président de la République et à certains membres de sa famille, accompagnée d’appels susceptibles de favoriser leur harcèlement.
Pour Péro Luwara, le combat politique et la critique du pouvoir ne devraient pas justifier l’humiliation personnelle, l’atteinte à la dignité ou l’exposition de la vie privée.
La liberté d’expression, souligne-t-il en substance, protège la critique, y compris lorsqu’elle est sévère, mais elle ne devrait pas devenir un permis d’insulter ou d’exposer des personnes à la vindicte numérique.
Il estime par ailleurs qu’une éventuelle condamnation suivie d’une incarcération pourrait être présentée par certains soutiens de l’intéressée comme une forme d’acharnement politique.
« Quand elle sera condamnée puis jetée en prison, les opposants et les ONG de défense des droits de l’homme viendront dire que c’est de l’acharnement politique », affirme Péro Luwara.
La présomption d’innocence rappelée
Le Ministère de la Justice tient toutefois à préciser que l’arrestation de Mme Denise Dusauchoy constitue un acte de procédure judiciaire et ne préjuge en rien de sa culpabilité.
L’intéressée demeure donc présumée innocente jusqu’à l’intervention d’une décision judiciaire définitive.
La justice devra ainsi examiner les faits reprochés, établir les responsabilités éventuelles et garantir les droits de toutes les parties concernées.
Au-delà de cette affaire, le dossier relance le débat sur les limites de la parole publique, particulièrement sur les réseaux sociaux : jusqu’où peut aller la critique politique sans basculer dans l’injure, l’atteinte à la vie privée, la violence verbale ou le harcèlement ?
Dans un État de droit, l’indignation publique, quelle qu’elle soit, ne peut remplacer ni les preuves ni les exigences d’un procès équitable.


