Ebola en RDC : la course au vaccin s’accélère face à la nouvelle flambée d’Ebola Bundibugyo

La lutte contre la 17e épidémie d’Ebola en Democratic Republic of the Congo entre dans une nouvelle phase. Alors que la souche Bundibugyo continue de se propager dans plusieurs zones de l’Ituri, les autorités sanitaires africaines et les chercheurs accélèrent désormais la course au vaccin.

Le directeur général de l’Africa Centres for Disease Control and Prevention, Jean Kaseya, a annoncé que trois vaccins sont actuellement en cours de préparation contre le variant Bundibugyo du virus Ebola.

Selon Jean Kaseya, plusieurs plateformes vaccinales sont à l’étude afin de répondre à cette nouvelle flambée épidémique qui inquiète les autorités sanitaires africaines et internationales. Parmi les pistes envisagées figurent notamment un vaccin spécifique à ARN messager, le vaccin ChAdOx développé par l’University of Oxford, ainsi que le vaccin expérimental VSV-BDBV.

Le patron d’Africa CDC a précisé que la fabrication du vaccin ChAdOx fait actuellement l’objet d’une accélération afin de réduire les délais de disponibilité.

Concernant le VSV-BDBV, celui-ci demeure encore au stade académique à l’University of Texas avant un transfert vers une production répondant aux normes pharmaceutiques internationales. Même si les recherches restent en cours, les scientifiques souhaitent avancer rapidement. Selon les projections présentées lors du briefing, un premier vaccin pourrait potentiellement être disponible dans un délai d’environ trois mois, sous réserve des validations scientifiques et réglementaires nécessaires.

Cette annonce intervient dans un contexte particulièrement préoccupant pour la RDC, où plus de 513 cas suspects et au moins 131 décès ont déjà été enregistrés dans les zones touchées de l’Ituri.

La principale difficulté reste liée à la nature même du variant actuellement en circulation. Les analyses réalisées par l’Institut national de recherche biomédicale ont confirmé que la flambée actuelle est causée par une souche Bundibugyo différente des variants observés en Uganda en 2007 et à Isiro en 2012.

Selon le professeur Jean-Jacques Muyembe, cette particularité complique le développement rapide d’une réponse vaccinale parfaitement adaptée. Contrairement à la souche Zaïre, pour laquelle des vaccins et traitements homologués existent déjà, aucun traitement officiellement validé n’est encore disponible contre Bundibugyo.

Face à l’urgence, les experts envisagent désormais une autre option : utiliser certains vaccins déjà disponibles contre d’autres variants d’Ebola.

Une réunion du comité consultatif technique sur les vaccins est d’ailleurs prévue ce mercredi 20 mai afin d’examiner cette hypothèse. Les scientifiques doivent notamment analyser si le vaccin Ervebo de Merck & Co., approuvé contre la souche Zaïre, ou encore le vaccin expérimental développé contre Ebola Soudan, pourraient être déployés temporairement dans le cadre d’une stratégie dite de « protection croisée ».

Les spécialistes restent toutefois prudents. À ce stade, l’efficacité réelle de ces vaccins contre la souche Bundibugyo demeure incertaine et nécessitera des essais cliniques complémentaires.

Cette nouvelle flambée rappelle une fois de plus combien la RDC reste l’un des principaux foyers mondiaux de lutte contre Ebola. Depuis 1976, le pays a déjà connu 17 épidémies du virus avec différentes variantes successives. Mais cette fois, la rapidité de propagation et l’absence de vaccin homologué placent les autorités sanitaires face à une équation particulièrement complexe.

Dans les zones touchées, les équipes médicales poursuivent les opérations de surveillance, d’isolement des cas suspects et de sensibilisation communautaire, tandis que les chercheurs tentent, eux aussi, de gagner une autre bataille : celle du temps.

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