Face à 100 milliards de dollars de flux numériques hors contrôle, le gouvernement veut reprendre la main
Le gouvernement congolais entend accélérer la structuration de l’économie numérique nationale. Le ministère de l’Économie numérique a présenté les grandes lignes de sa nouvelle stratégie destinée à mieux encadrer les flux économiques numériques en République démocratique du Congo.
Porté sous la vision du président Félix Tshisekedi, le document met en avant plusieurs priorités stratégiques, parmi lesquelles l’interconnexion des systèmes de données entre les principales régies financières de l’État, notamment la DGI, la DGDA, la DGRAD et la Banque centrale du Congo — ainsi que la sécurisation de l’espace numérique national.
Le ministère dirigé par Augustin Kibassa Maliba estime à près de 100 milliards de dollars les flux numériques annuels circulant actuellement hors du regard consolidé de l’État. Le document révèle également qu’environ 30 millions de Congolais utilisent activement les services de mobile money.
Construire une souveraineté numérique
À travers cette stratégie, les autorités congolaises ambitionnent de renforcer la souveraineté nationale sur les données et de moderniser la gouvernance numérique du pays.
L’objectif affiché est de positionner la République démocratique du Congo comme un futur hub numérique d’Afrique centrale à l’horizon 2035.
Le gouvernement souhaite notamment améliorer la traçabilité des transactions numériques, renforcer les capacités de collecte fiscale et développer une meilleure coordination entre les institutions publiques impliquées dans la gestion des flux financiers et des données.
Des défis importants à relever
Le document reconnaît toutefois plusieurs obstacles susceptibles de freiner la mise en œuvre de cette transformation numérique.
Parmi les principales difficultés identifiées figurent l’inertie institutionnelle, les résistances liées à certains intérêts établis ainsi que le scepticisme d’une partie de l’opinion publique, habituée aux annonces gouvernementales sans résultats concrets.
Malgré ces défis, les autorités assurent vouloir accélérer la digitalisation de l’administration et renforcer les mécanismes de contrôle des activités économiques numériques dans le pays.
Cette initiative intervient dans un contexte où plusieurs États africains cherchent à mieux encadrer les flux financiers numériques, le mobile money et les plateformes digitales afin d’accroître les recettes publiques et de renforcer leur souveraineté technologique.

