La Coalition Article 64 hausse le ton contre tout changement de Constitution et appelle à un dialogue national inclusif
Réunis à Rome du 25 au 27 octobre 2026, les responsables de la Coalition Article 64 (C64) ont réaffirmé leur opposition à toute révision de la Constitution visant à prolonger le pouvoir en place. Face à la crise sécuritaire et politique qui secoue la République démocratique du Congo, ils proposent une initiative politique et diplomatique impliquant notamment Félix Tshisekedi et Joseph Kabila.
La Coalition Article 64 pour la défense de l’ordre constitutionnel (C64) a rendu publique, le 27 octobre 2026 à Rome, une déclaration consacrée à la situation politique, sécuritaire et humanitaire en République démocratique du Congo.
Réuni en conclave du 25 au 27 octobre, le Présidium de cette coalition, pour la première fois avec la participation de cinq de ses membres, a dressé le bilan de ses activités depuis sa création, le 19 mai 2026, et exposé ses principales orientations face aux défis auxquels le pays est confronté.
Au cœur de cette déclaration figurent la défense de la Constitution du 18 février 2006, le rejet de tout troisième mandat présidentiel, la recherche d’une solution négociée à la crise sécuritaire et la préservation de l’unité nationale.
La Constitution au cœur du désaccord politique
La C64 réaffirme son opposition à tout changement de Constitution susceptible de remettre en cause les limites des mandats présidentiels et le principe de l’alternance démocratique.
Réagissant à l’adoption, le 23 octobre 2026, par l’Assemblée nationale, après une nouvelle délibération, du texte fixant les conditions d’organisation du référendum, la coalition estime qu’aucune majorité parlementaire ne peut s’affranchir des dispositions constitutionnelles.
Elle invoque notamment l’article 220 de la Constitution, qui protège certains principes fondamentaux, dont le nombre et la durée des mandats présidentiels.
Dans sa déclaration, la coalition dénonce ce qu’elle qualifie de « coup d’État constitutionnel », visant, selon elle, à détourner les institutions et les forces de sécurité pour maintenir les dirigeants au pouvoir au-delà des limites prévues par la Loi fondamentale.
Elle condamne également toute conquête du pouvoir par les armes, soulignant que l’accès au pouvoir, son exercice et son maintien doivent respecter la Constitution et les lois de la République.
La C64 précise ainsi sa ligne politique : aucun changement de Constitution, aucun troisième mandat, aucun report des élections prévues en 2028 et aucune prise de pouvoir par la force.
Un dialogue national inclusif pour sortir de la crise
Sur le plan sécuritaire, la coalition estime qu’aucune solution exclusivement militaire ne permettra de résoudre durablement la crise congolaise.
Elle plaide pour l’ouverture d’un dialogue national inclusif réunissant toutes les parties concernées, sans exclusive, afin de favoriser la cessation des hostilités, la réunification du territoire national et le renforcement de la cohésion nationale.
La C64 demande également que les discussions engagées dans le cadre du processus de Doha soient coordonnées et assorties de résultats vérifiables, notamment en ce qui concerne le respect du cessez-le-feu, la protection des populations civiles et l’accès à l’aide humanitaire.
Elle souhaite par ailleurs que les questions de gouvernance prévues dans les protocoles additionnels de Doha soient intégrées au dialogue national.
La coalition insiste aussi sur l’application de la résolution 2773, qui recommande notamment le retrait des troupes étrangères du territoire congolais.
Concernant l’Accord de Washington, elle estime que les engagements stratégiques qui en découlent doivent contribuer à la stabilité, à l’amélioration du climat des affaires et à la lutte contre la corruption, dans le respect de l’ordre constitutionnel.
La médiation africaine remise en avant
Pour favoriser une sortie de crise, la C64 appelle à la relance de la facilitation africaine conduite par l’Angola et le Togo, autour de la médiation de l’ECC-CENCO.
Elle souhaite une meilleure articulation entre les initiatives africaines et les démarches internationales déjà engagées.
Pour la coalition, les engagements pris par les différentes parties doivent être accompagnés d’un calendrier précis et de mécanismes crédibles de vérification.
L’objectif affiché est de restaurer la confiance, de consolider la paix et de garantir le respect des échéances constitutionnelles de 2028.
Libertés publiques : la C64 exige la fin des arrestations arbitraires
La déclaration accorde également une place importante à la situation des libertés publiques en République démocratique du Congo.
La coalition réclame la fin des arrestations arbitraires, des intimidations et des entraves aux activités politiques pacifiques. Elle demande également le retour des exilés, l’arrêt des procès qu’elle considère comme politiquement motivés et la libération des personnes détenues arbitrairement en raison de leurs opinions ou de leur engagement civique.
Elle rappelle par ailleurs l’interdiction constitutionnelle des milices privées prévue à l’article 190 et exige notamment la dissolution des « Forces du progrès », qu’elle présente comme une milice liée au parti au pouvoir.
La C64 estime que la situation de guerre ne saurait justifier une restriction générale des libertés d’expression, de réunion et de manifestation.
Des enquêtes indépendantes réclamées sur les violences dénoncées
La coalition réitère sa demande d’enquêtes indépendantes et crédibles, notamment internationales, sur les violences dénoncées lors des manifestations du 12 juin et du 15 septembre 2026, ainsi que sur l’assassinat de Manassé Lomboto.
Elle demande que les faits et les responsabilités soient établis par une justice impartiale, que les victimes et les témoins bénéficient d’une protection adéquate et que les préjudices subis soient réparés.
Dans le même esprit, la C64 exige la libération sans délai de Marley Vuvu, de Prince Epenge et de Stéphane Shiso.
Ces revendications s’inscrivent, selon la coalition, dans une démarche de décrispation politique et de restauration de l’État de droit.
Félix Tshisekedi et Joseph Kabila au centre d’une initiative politique
Face à la gravité de la crise, la Coalition Article 64 annonce une initiative politique et diplomatique destinée à favoriser une solution congolaise à la crise nationale.
Elle prévoit de rencontrer le président Félix Tshisekedi et l’ancien président Joseph Kabila afin de rechercher les conditions d’un véritable dialogue national inclusif, susceptible de préserver les intérêts fondamentaux du pays.
La coalition entend également mener un plaidoyer auprès des partenaires internationaux de la RDC pour obtenir leur soutien à une solution durable et négociée.
Les démarches annoncées devront, selon elle, porter sur le respect de la Constitution, la préservation de l’intégrité territoriale, la protection des populations, la garantie des libertés publiques et la sauvegarde de la souveraineté nationale.
Cette initiative intervient dans un contexte marqué par la persistance des tensions politiques, les affrontements armés dans l’Est du pays et les inquiétudes relatives à l’unité nationale.
Cinq figures politiques signent la déclaration
La déclaration publiée à Rome est signée par cinq responsables politiques congolais :
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Martin Fayulu, pour ECDé ;
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Jean-Marc Kabund, pour A.Ch ;
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Moïse Katumbi, pour Ensemble ;
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Augustin Matata, pour LGD ;
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Delly Sesanga, pour Envol.
À travers ce texte, la Coalition Article 64 appelle les Congolaises et les Congolais à s’engager dans la défense de la Constitution, des libertés fondamentales, de l’unité nationale et de l’intégrité territoriale.
Un appel à préserver l’essentiel
En conclusion, la C64 présente le dialogue national inclusif comme une voie privilégiée pour sortir de l’impasse politique et sécuritaire. Elle insiste sur la nécessité de dépasser les intérêts particuliers afin de préserver la paix et la stabilité du pays.
Reste désormais à savoir quelle suite sera réservée à cette initiative, notamment par les personnalités politiques sollicitées et les partenaires nationaux et internationaux.
Pour la coalition, l’enjeu est clair : préserver l’ordre constitutionnel, éviter une aggravation de la crise et garantir un avenir démocratique à la République démocratique du Congo.
« Que Dieu bénisse la République démocratique du Congo ! », conclut la déclaration signée à Rome le 27 octobre 2026.




