Fermeture des universités de Goma et Bukavu : Delly Sesanga demande la réouverture immédiate
La décision du gouvernement de fermer les établissements publics d’enseignement supérieur et universitaire de Goma et de Bukavu suscite une vive opposition de la part de Delly Sesanga. Dans une déclaration rendue publique ce jeudi, l’ancien député estime que cette mesure porte atteinte au droit à l’éducation et pénalise une jeunesse déjà durement affectée par la guerre dans l’Est de la République démocratique du Congo.
Pour Delly Sesanga, la fermeture des universités ne constitue pas une réponse appropriée à l’occupation des villes concernées. Il rappelle que la Constitution congolaise impose aux pouvoirs publics de protéger la jeunesse, notamment dans les domaines de la santé, de l’éducation et du développement intégral.
« L’école doit rester à l’écart des conflits »
Dans sa déclaration, l’opposant politique invoque notamment les articles 42 et 43 de la Constitution, qui consacrent la protection de la jeunesse et le droit à l’éducation. Il soutient que, quelles que soient les circonstances, la fermeture des établissements d’enseignement supérieur constitue une atteinte grave à ce droit.
Delly Sesanga appelle ainsi à préserver les établissements scolaires et universitaires des conséquences directes des conflits politiques et militaires. Il rappelle que, même lors des périodes les plus difficiles de l’histoire du pays, les examens d’État et les rentrées scolaires ont continué à être organisés sur l’ensemble du territoire.
Une mesure qui risque d’aggraver les difficultés des familles
La déclaration insiste également sur la situation particulièrement difficile des populations de l’Est. Morts, déplacements, pauvreté, séparation des familles et paralysie de l’économie constituent déjà, selon lui, un lourd tribut payé par les habitants.
La fermeture des banques et les nombreuses restrictions qui affectent la vie quotidienne viennent, dans ce contexte, accroître les difficultés des familles. Pour Sesanga, priver davantage les jeunes de leur formation reviendrait à faire supporter à la population les conséquences d’une situation de guerre dont les étudiants ne sont pas responsables.
« Les étudiants ne sont responsables ni de l’occupation de leur ville, ni des décisions de l’AFC/M23, ni de la nomination des comités de gestion », fait-il valoir dans sa déclaration.
« Goma et Bukavu sont la République démocratique du Congo »
Delly Sesanga affirme que l’autorité de l’État doit être défendue, mais estime qu’elle ne peut être restaurée en privant une partie de la jeunesse congolaise de son droit à l’éducation.
Il rappelle également que Goma et Bukavu font partie intégrante de la République démocratique du Congo, et que leurs étudiants doivent bénéficier des mêmes perspectives d’avenir que ceux de Kinshasa, Kananga ou Lubumbashi.
Trois mesures prioritaires mises en avant
Dans son document, Delly Sesanga demande notamment :
- Le retrait de l’arrêté de fermeture des établissements concernés ;
- La réouverture immédiate des universités et la mise en place de mécanismes permettant d’assurer la continuité des enseignements, des examens et la validation des diplômes, sans reconnaître ni légitimer une administration imposée par les forces rebelles ;
- L’abstention de sanctions contre la population, afin que les étudiants et leurs familles ne soient pas davantage pénalisés par la situation de guerre.
La déclaration conclut sur un appel à considérer les étudiants de Goma et de Bukavu comme une partie intégrante de la jeunesse congolaise, dont la formation et l’avenir ne devraient pas être sacrifiés aux conséquences du conflit.


