Entre théâtre et cinéma à La Madeleine : la puissance scénique de Sila Bisalu, conteuse d’exception, humoriste et artiste complète
Retour sur une performance marquante à La Madeleine.
Pourquoi continue-t-on de parler du théâtre (ou Maboke dans notre langage) à l’ère où le cinéma domine pourtant les écrans ? Une question légitime à une époque où la majorité des productions artistiques semblent désormais pensées pour le numérique et les salles de projection, plutôt que pour la scène vivante.
Tout au début, l’art dramatique s’exprimait essentiellement dans des salles pleines, où le public vivait l’émotion en direct. Aujourd’hui encore, malgré l’évolution vers le cinéma, certaines prestations rappellent la puissance unique du théâtre.
C’est notamment ce que le public a pu constater ce samedi 6 juin 2026 à la salle La Madeleine, lors d’une performance remarquable de l’une des actrices et conteuses les plus titrées du cinéma congolais, forte de 29 distinctions et trophées ; après celle du Théâtre du Gymnase Marie-Bell (du 23 mai 2026).
Au cours de cette prestation, elle a démontré toute l’étendue de son talent, confirmant son statut exceptionnel dans le milieu artistique. À la manière de Pi Tshibanda, écrivain et conteur reconnu, elle a su captiver le public en racontant des fragments de sa propre histoire, mêlant humour, émotion et authenticité.
Elle est notamment revenue sur une période marquante de sa vie, évoquant les épreuves vécues à l’INAS (Institut National des Arts du Spectacle), qu’elle a transformées en force narrative sur scène. Sa capacité à incarner ses récits avec intensité a une fois de plus conquis le public.
Dans une même soirée à La Madeleine, l’artiste a multiplié les transformations scéniques, incarnant tour à tour une Ivoirienne, une Américaine, ou encore un vieil homme racontant à sa petite-fille l’histoire d’un roi et de sa fille. Cette polyvalence confirme sa maîtrise du jeu théâtral et de la narration.
La soirée a également été enrichie par des interventions artistiques autour du Maboke, réunissant plusieurs figures du milieu telles que Ya Gaby, Devos, Bobo Manoka, Mua Molopo, Doutshe, Michou, Acacia, Mimi Kabongo, Christian Choga, et Eric Tshimbulu, entre autres.
En clôture, l’artiste a donné rendez-vous au public le 26 juillet 2026 à Kinshasa, au Centre Culturel et Artistique pour les pays d’Afrique Centrale (CCAPAC de l’INA), promettant une nouvelle rencontre artistique d’envergure.
Un seul mot s’impose : Bravo à Sila Bisalu, conteuse et artiste complète de l’INAS au théâtre congolais, jusqu’au cinéma.

