Constant Mutamba dénonce un « complot politique » et quitte l’audience de la Cour de cassation

L’audience de ce lundi devant la Cour de cassation a été marquée par le départ spectaculaire de l’ancien ministre de la Justice, Constant Mutamba, poursuivi dans une affaire de détournement présumé de fonds publics liés à la construction de la prison de Kisangani et au dossier du Fonds de réparation et d’indemnisation des victimes des activités illicites de l’Ouganda (FRIVAO).

Avant de quitter la salle d’audience, l’ancien garde des Sceaux a dénoncé ce qu’il qualifie de nombreuses irrégularités de procédure. Il affirme que sa citation à comparaître contient de « fausses mentions » introduites par des greffiers et reproche au tribunal de grande instance de la Gombe d’avoir refusé d’enregistrer sa plainte contre l’un d’eux.

Selon Constant Mutamba, ses droits de la défense n’auraient pas été respectés, notamment son droit de soulever des exceptions de procédure. Refusant de poursuivre les débats dans ces conditions, il a déclaré préférer « boire la ciguë comme Socrate » plutôt que de participer à une procédure qu’il estime irrégulière.

« Un dossier monté de toutes pièces »

À l’issue de l’audience, Constant Mutamba a rejeté les accusations portées contre lui, affirmant que le dossier FRIVAO est « monté de toutes pièces ».

« Ils se sont décidés de ressurgir un dossier qui avait déjà été clôturé, le dossier FRIVAO, un faux dossier. Ils se sont organisés pour que Mutamba sorte de son lit d’hôpital pour venir comparaître comme témoin. N’ayant pas réussi leur plan, ils m’ont transformé miraculeusement en prévenu en ouvrant rapidement un autre dossier contre moi devant la Cour de cassation. Par quelle magie ? », a-t-il déclaré.

L’ancien ministre soutient que cette procédure relève d’un acharnement judiciaire et non d’une recherche de la vérité.

Des accusations de « complot politique »

Au cours des préalables de l’audience, Constant Mutamba a également affirmé disposer de preuves d’un complot dirigé contre lui.

« Nous ne sommes pas venus cautionner des complots politiques. Si tel est le cas, faites-le sans moi. La Cour doit respecter les droits de la défense. Il y a un complot monté contre moi et j’ai des preuves », a-t-il déclaré avant de quitter la salle d’audience.

Ces déclarations interviennent alors que l’ancien ministre comparaît aux côtés de l’ancien coordonnateur du FRIVAO, Chancard Bukolela, dans une affaire portant sur des décaissements de plusieurs millions de dollars contestés.

Une affaire qui continue de susciter des réactions

Le dossier FRIVAO demeure au centre de nombreux débats en République démocratique du Congo. Les déclarations de Constant Mutamba, qui dénonce un dossier « sans fondement » et une procédure entachée d’irrégularités, alimentent les discussions autour de cette affaire judiciaire à forte portée politique.

À ce stade, la Cour de cassation poursuit l’examen du dossier, tandis que les accusations formulées par l’ancien ministre n’ont pas encore fait l’objet d’une réponse publique des autorités judiciaires.

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