Affaire Rebo Tchulo : le parquet requiert 14 mois de prison, la partie civile réclame 250 000 USD de dommages et intérêts
Le procès de la chanteuse congolaise Rebo Tchulo a franchi une étape importante jeudi devant le tribunal militaire de garnison de Kinshasa/Ngaliema, avec les réquisitions du ministère public et les plaidoiries de la partie civile.
Poursuivie pour incitation présumée de militaires des FARDC à poser des actes contraires à la loi et à la discipline militaire, Deborah Tshimpaka Mulanga, alias Rebo Tchulo, fait face à une réquisition de quatorze (14) mois de servitude pénale principale, assortie du paiement des frais d’instance.
Dans son réquisitoire, le major magistrat Prudence Mbambi, substitut de l’auditeur militaire supérieur, a demandé au tribunal de condamner la prévenue et de fixer également une contrainte par corps de six mois en cas de non-paiement des frais de justice.
« Pour la prévenue Tshimpaka Mulanga Deborah, alias Rebo Tchulo, la condamner à 14 mois de servitude pénale principale ; la condamner, en outre, au paiement des frais d’instance tels qu’ils seront taxés par le greffier ; fixer la contrainte par corps à six mois en cas de non-paiement dans le délai de huit jours, ou à toute autre peine que votre tribunal entendra, en bonne justice, être convenable. Par rapport aux intérêts civils, en ce qui concerne l’action introduite par M. Kasaï Platini, requérant, qu’il plaise à votre tribunal de la dire recevable et fondée et d’y faire droit. Ainsi, vous ferez justice », a déclaré le magistrat.
Au titre de l’action civile, les avocats de Platini Kasaï Sadisa ont demandé au tribunal de condamner personnellement la chanteuse au paiement de 250 000 dollars américains à titre de dommages et intérêts pour le préjudice qu’ils estiment avoir subi.
Devant la barre, les conseils de la partie civile ont soutenu que la responsabilité de la prévenue était engagée.
« M. le Président, sans pour autant aller plus loin, puisque toutes les conditions sont réunies, nous demandons au tribunal de dire, de juger et d’établir, en fait comme en droit, ainsi que de condamner d’abord la prévenue Rebo, à titre personnel, pour la faute qu’elle a commise en incitant les militaires, au paiement, à titre de dommages et intérêts, d’une somme de 250 000 USD, payable en monnaie ayant cours légal », ont plaidé les avocats.
Les conseils de Platini Kasaï Sadisa ont également sollicité que leur client bénéficie d’une prise en charge médicale à l’étranger, assortie d’un suivi médical régulier, ainsi que de mesures de protection renforcées, estimant que sa sécurité demeure menacée.
« Sa vie est en danger », ont-ils soutenu devant la juridiction militaire pour justifier ces demandes complémentaires.
Cette affaire implique également treize militaires des FARDC, dont quatre en fuite, poursuivis notamment pour des faits présumés de torture, d’extorsion, de concussion et de violation des consignes militaires à l’encontre de Platini Kasaï Sadisa.
Après les réquisitions du ministère public et les plaidoiries de la partie civile, le tribunal poursuivra l’examen du dossier avant de fixer la suite de la procédure, dans une affaire qui continue de susciter un important intérêt de l’opinion publique.

