Le CSAC impose un embargo médiatique de 60 jours à la journaliste Paulette Kimuntu Ndombe
Le Conseil supérieur de l’audiovisuel et de la communication (CSAC) a décidé de suspendre, pour une durée de 60 jours, les interventions médiatiques de la journaliste et actrice sociale Paulette Kimuntu Ndombe. La mesure figure dans un acte conservatoire daté du 12 octobre 2026, adopté à l’issue d’une réunion extraordinaire du Bureau de l’organe de régulation, à Kinshasa.
Des déclarations liées à une vidéo de Joseph Kabila
Selon le document, cette décision fait suite à des commentaires formulés par Paulette Kimuntu Ndombe au sujet d’une vidéo devenue virale sur les réseaux sociaux, dans laquelle l’ancien président de la République démocratique du Congo, Joseph Kabila, aurait tenu un discours relatif à la situation sécuritaire dans l’Est du pays.
Le CSAC reproche à la journaliste d’avoir tenu des propos que l’institution considère comme une justification de la guerre dans l’Est de la RDC. Le document indique également que l’intéressée aurait défendu l’ancien chef de l’État, estimant que celui-ci n’était pas un rebelle, mais qu’il exprimait plutôt des préoccupations face aux dangers auxquels le pays serait confronté.
Une interdiction de communiquer pendant 60 jours
À son premier article, l’acte du CSAC décrète un embargo médiatique de 60 jours à l’encontre de Paulette Kimuntu Ndombe, à compter de la publication de la décision.
L’article 3 précise que la journaliste ne peut communiquer par l’intermédiaire des médias en ligne, des réseaux sociaux ou de tout autre moyen de communication de masse pendant toute la durée de cette mesure.
Le deuxième article met également en garde les directeurs des programmes et de l’information, les médias en ligne ainsi que les exploitants d’autres moyens de communication, les appelant à respecter strictement cette décision sous peine de sanctions prévues par la loi.
Le contexte sécuritaire au cœur de la décision
Dans ses motifs, le CSAC invoque la situation sécuritaire dans l’Est de la République démocratique du Congo, marquée, selon le document, par l’agression rwandaise et les activités du M23/AFC.
L’autorité de régulation estime que le pays a davantage besoin de communications favorisant la paix, la cohésion nationale et la coexistence institutionnelle. Elle considère que certaines prises de parole médiatiques de la journaliste iraient à l’encontre des efforts déployés par les autorités sur la question sécuritaire.
Le document fait également état de précédentes interpellations de Paulette Kimuntu Ndombe auprès du CSAC, notamment une intervention datée du 22 septembre 2026, concernant, selon l’institution, des faits liés à la propagande de l’agression rwandaise et à l’exposition d’images non autorisées.
La liberté d’expression en question
Le CSAC justifie sa décision en rappelant que la liberté d’expression, consacrée par l’article 23 de la Constitution congolaise, s’exerce dans le respect de la loi, de l’ordre public et des bonnes mœurs.
Cette mesure soulève néanmoins la question de l’équilibre entre les impératifs de sécurité nationale, la responsabilité des professionnels des médias et la protection de la liberté d’expression, particulièrement dans un contexte de conflit armé et de forte sensibilité politique.
Le document ne présente pas la réaction de Paulette Kimuntu Ndombe à la sanction. Sa position ainsi que celle de ses éventuels représentants restent donc à recueillir pour compléter l’information.
Une décision applicable dès son adoption
Signé à Kinshasa le 12 octobre 2026, l’acte porte les signatures du rapporteur adjoint, Serge Ndjibu Ngoy, et du président du CSAC, Christian Bosembe Lokando.
Le document prévoit que la décision entre en vigueur à la date de son adoption, tandis que l’embargo de 60 jours est indiqué comme prenant cours à compter de la publication de l’acte.
Source : Acte conservatoire du Conseil supérieur de l’audiovisuel et de la communication (CSAC), daté du 12 octobre 2026.

