Shakira acquittée en Espagne : Madrid doit lui rembourser plus de 55 millions d’euros
Elle avait tout nié depuis le début, la justice lui donne raison.Un tribunal espagnol vient d’acquitter la chanteuse colombienne Shakira dans l’affaire de fraude fiscale qui la visait depuis plusieurs années, ordonnant le remboursement de plus de 55 millions d’euros d’amendes et d’intérêts. La décision, rendue par la cour madrilène, clôt un long bras de fer avec le fisc espagnol.
Tout repose sur une question de jours. Pour être considéré comme résident fiscal en Espagne, un individu doit y séjourner plus de 183 jours par an. Or, les autorités fiscales espagnoles ont seulement pu établir que la star avait passé 163 jours sur le territoire en 2011, soit vingt jours de moins que le seuil légal. Insuffisant pour prouver la résidence fiscale.
L’Agencia Tributaria avait pourtant tenté une autre piste : sa relation avec l’ex-footballeur du FC Barcelone Gerard Piqué, avec qui Shakira vivait à l’époque, aurait enraciné ses intérêts économiques en Espagne. Le tribunal a rejeté cet argument, précisant que cette union libre ne pouvait être juridiquement assimilée à un mariage.
« Il n’y a jamais eu de fraude, et l’Agence fiscale elle-même n’a jamais pu prouver le contraire, tout simplement parce que ce n’était pas vrai », a réagi Shakira dans un communiqué transmis par ses avocats.
Ce n’est pas la première fois que la chanteuse se retrouve dans le collimateur du fisc espagnol. En 2023, elle avait accepté un accord à l’amiable pour d’autres exercices fiscaux, évitant un procès en plaidant coupable et en s’acquittant d’une lourde amende. Cette fois, elle a choisi de se battre, et elle a gagné.
L’affaire Shakira illustre une tension plus large entre les célébrités internationales au mode de vie nomade et des États qui cherchent à élargir leur assiette fiscale. La chanteuse, dont la carrière mondiale l’amène à passer des mois entre les États-Unis, l’Amérique latine et l’Europe, est loin d’être la seule artiste à avoir dû naviguer entre des juridictions fiscales concurrentes.

