Maman Marthe Kasalu Tshisekedi célébrée dans un ouvrage consacré à son rôle dans la lutte démocratique
Le livre « Maman Marthe Kasalu Tshisekedi : Une vie dans l’ombre de la Résistance », écrit par le professeur Pierre-Albert Ngueliele, a été porté sur les fonts baptismaux ce samedi au Fleuve Congo Hôtel, dans la commune de la Gombe, à Kinshasa, en présence du couple présidentiel et de plusieurs personnalités politiques, diplomatiques et judiciaires.
Consacré à Marthe Kasalu Tshisekedi, mère du président de la République, Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo, et veuve de l’opposant historique Étienne Tshisekedi wa Mulumba, cet ouvrage met en lumière le parcours d’une femme dont la discrétion, la foi et la patience ont accompagné plusieurs décennies de lutte pour la démocratie et l’État de droit en République démocratique du Congo (RDC).
Une femme au cœur de la résistance démocratique
Présentant son ouvrage, le professeur Pierre-Albert Ngueliele a souligné la complexité du parcours de Marthe Kasalu Tshisekedi, dont le rôle ne saurait être dissocié du combat politique mené par son époux.
« Maman Marthe est une personnalité très difficile à décrire parce qu’elle a joué plusieurs rôles, surtout aux côtés de son époux, le docteur Étienne Tshisekedi wa Mulumba », a déclaré l’auteur, rappelant que ce dernier a incarné pendant plus de trois décennies la lutte pacifique pour l’instauration de la démocratie et de l’État de droit en RDC.
Pour le professeur Ngueliele, cette cérémonie constitue une occasion de rendre hommage à une femme exceptionnelle, dont l’engagement, souvent exercé loin des projecteurs, a contribué à soutenir un combat politique marqué par les sacrifices et les épreuves.
L’identité et la foi chrétienne, deux piliers de son engagement
Dans son analyse, l’auteur identifie deux fondements majeurs ayant guidé Marthe Kasalu Tshisekedi tout au long de son parcours : l’intériorisation de son identité et sa foi chrétienne.
Ces deux piliers, a-t-il expliqué, ont nourri son engagement aux côtés de son mari, dans un esprit de fidélité, de sincérité, d’honneur et de dignité, au service d’une cause qu’ils considéraient comme essentielle : la défense de l’intérêt national et la primauté du peuple.
Le professeur Ngueliele a également présenté Marthe Kasalu comme un modèle pour les femmes congolaises, mettant particulièrement en avant la patience, qu’il considère comme l’une de ses plus grandes vertus.
Évoquant les figures féminines qui ont marqué l’histoire du pays, il a estimé que parler de Marthe Kasalu Tshisekedi revient aussi à se souvenir de Kimpa Vita, d’Anuarite Nengapeta et de toutes ces femmes dont les contributions à l’histoire nationale sont parfois restées dans l’ombre.
À cette occasion, l’auteur a appelé le président Félix Tshisekedi à faire du nom de son père, Étienne Tshisekedi wa Mulumba, un patrimoine national, estimant que son combat avait été mené au bénéfice du peuple plutôt que pour des intérêts personnels, au prix de sacrifices consentis par son épouse et ses enfants.
Pour une mémoire nationale au service de l’État de droit
Préfacier de l’ouvrage, le professeur Bruno Miteo, chef de la Maison civile du chef de l’État, a souligné que la lutte démocratique congolaise ne saurait être considérée comme le seul fait des acteurs politiques.
Selon lui, cette lutte a également été familiale et sociale, les proches des opposants ayant eux aussi supporté les conséquences des engagements politiques de leurs époux, parents ou membres de famille.
Il a ainsi présenté Marthe Kasalu Tshisekedi comme une figure de leadership non institutionnel, dont l’expérience illustre la contribution souvent invisible des femmes et des familles à la résistance démocratique.
Pour le professeur Bruno Miteo, l’héritage politique d’Étienne Tshisekedi et de Marthe Kasalu doit aller au-delà de l’admiration et se traduire par des actions concrètes en faveur de l’État de droit, des libertés publiques, de la justice, de la paix et de la cohésion nationale.
Il a également insisté sur la nécessité de reconnaître les sacrifices consentis par les familles des opposants, de documenter les violences politiques, d’honorer les femmes engagées dans la résistance et de construire une mémoire nationale plus inclusive.
« La politique ne se limite pas à conquérir le pouvoir, elle consiste aussi à préserver la dignité humaine lorsque le pouvoir devient injuste », a-t-il souligné, résumant ainsi l’une des principales leçons qu’il tire de l’ouvrage.
La famille Tshisekedi exprime sa gratitude
Prenant la parole au nom de la famille, Jean-Claude Tshisekedi a remercié l’auteur pour cet hommage rendu à leur mère, dont la discrétion, la fidélité et les sacrifices ont accompagné le long combat d’Étienne Tshisekedi wa Mulumba pour la démocratie, la justice et l’État de droit en RDC.
La cérémonie s’est déroulée en présence de plusieurs personnalités, notamment le gouverneur de la ville de Kinshasa, des représentants des présidents de l’Assemblée nationale et du Sénat, le président du Conseil supérieur de la magistrature, des représentants de la Cour constitutionnelle, ainsi que des ambassadeurs et des chefs de missions diplomatiques et d’organisations internationales.
Les recettes de la vente destinées aux œuvres caritatives
Au-delà de sa portée historique et politique, la cérémonie de vernissage a également revêtu une dimension sociale. Plusieurs exemplaires de l’ouvrage ont été acquis par les participants, à des montants librement proposés par les acheteurs, allant, selon les informations communiquées, de 20 à 200 000 dollars américains.
Les fonds récoltés à l’occasion de cette vente seront reversés à l’Association Femme et Promotion (AFEPRO), liée à Marthe Kasalu Tshisekedi, pour soutenir ses œuvres caritatives.
À travers cet ouvrage, le professeur Pierre-Albert Ngueliele entend ainsi contribuer à la reconnaissance du rôle joué par Marthe Kasalu Tshisekedi dans l’histoire politique congolaise et rappeler que la lutte pour la démocratie s’écrit aussi dans l’engagement silencieux de celles et ceux qui accompagnent les grandes figures de la vie publique.


