Spoliation foncière à Kinshasa : le ministère de la Justice ordonne des poursuites dans 62 dossiers
Le ministère de la Justice et Garde des Sceaux a annoncé l’ouverture de poursuites contre les personnes présumées impliquées dans plus de 62 dossiers de spoliation foncière et immobilière à Kinshasa.
Dans un communiqué publié par son Cabinet, le ministre d’État, ministre de la Justice et Garde des Sceaux indique avoir donné, le 19 août 2026, une nouvelle injonction au Procureur général près la Cour de cassation afin que des poursuites soient engagées contre les présumés auteurs, co-auteurs et complices de ces faits.
Le réseau « Folioman » dans le viseur
Selon le ministère, cette nouvelle étape s’inscrit dans la lutte contre un réseau présenté comme le phénomène « Folioman », qui serait impliqué dans la falsification de titres et de documents administratifs ainsi que dans la vente frauduleuse de biens fonciers et immobiliers.
Le communiqué cite notamment une personne identifiée comme Kipasa Kitakya, présentée par le ministère comme étant à la tête de ce réseau présumé. Celui-ci comprendrait, selon les autorités, plusieurs acteurs issus notamment des professions d’avocat et d’huissier, ainsi que des greffiers et des cadres des services des Affaires foncières et du Cadastre.
Le ministère affirme que certaines victimes auraient découvert que leurs parcelles ou leurs maisons avaient déjà été vendues ou spoliées à leur insu.
Des dossiers transmis au parquet
Les 62 dossiers concernés ont été transmis au parquet afin qu’ils soient traités avec célérité et que, le cas échéant, les personnes présumées responsables soient déférées devant leur juge naturel, conformément à la loi.
Le ministère précise toutefois que ces dossiers ne constitueraient que « le premier lot ». Les investigations se poursuivent et pourraient révéler l’existence d’un réseau plus vaste et davantage enraciné à travers le pays.
Une coordination renforcée entre les services de l’État
Pour renforcer la lutte contre la spoliation immobilière et foncière, le Gouvernement a également mis en place un cadre permanent de concertation réunissant notamment les ministères de la Justice, de l’Urbanisme et Habitat ainsi que des Affaires foncières.
L’Agence nationale de protection du Patrimoine immobilier de l’État (AN-PPIE) participe également à ce dispositif, qui vise à améliorer la coordination entre les services concernés, sécuriser les titres et documents fonciers et cadastraux et assurer un traitement diligent des cas signalés.
À travers cette démarche, le Gouvernement réaffirme sa volonté de protéger le droit de propriété et de lutter contre les différentes formes de spoliation foncière et immobilière, tout en garantissant la sécurité juridique des droits régulièrement établis.
Il convient de rappeler que les personnes citées dans le communiqué sont présumées innocentes jusqu’à une éventuelle décision de justice définitive.


