Paul Biya rentre à Yaoundé après 73 jours d’absence, les interrogations persistent sur son état de santé

Le président camerounais Paul Biya a regagné Yaoundé jeudi 20 août, après un séjour de 73 jours en Suisse. À 93 ans, le chef de l’État, au pouvoir depuis 1982, reste au centre des interrogations sur son état de santé et sur le fonctionnement du sommet de l’État.

Le président Paul Biya est de retour au Cameroun. Le chef de l’État a atterri jeudi 20 août aux alentours de 16 heures GMT à l’aéroport international de Yaoundé, en provenance de Genève, où il séjournait depuis le 7 juin.

Son absence de 73 jours constitue l’un de ses plus longs séjours à l’étranger. Officiellement, le président camerounais effectuait un « court séjour privé en Europe ». Une durée qui a toutefois alimenté de nombreuses spéculations sur son état de santé et ravivé les critiques concernant la gouvernance du pays en son absence.

À son arrivée, Paul Biya a salué la foule depuis son véhicule, en agitant la main à travers une fenêtre légèrement entrouverte. Plusieurs dizaines de militants du parti présidentiel s’étaient rassemblés à l’aéroport pour accueillir le chef de l’État, certains arborant des pagnes à son effigie, dans une ambiance festive.

Les interrogations sur la santé du président persistent

Âgé de 93 ans, Paul Biya est le doyen des chefs d’État en exercice dans le monde. Il séjourne régulièrement en Suisse, notamment à Genève, où il passe de longues périodes.

Ces déplacements sont régulièrement accompagnés de rumeurs concernant son état de santé. Le 18 juin dernier, le ministre camerounais de la Communication, René Emmanuel Sadi, avait ainsi démenti les informations faisant état d’une hospitalisation du président dans une clinique genevoise.

Le gouvernement n’a, à ce jour, fourni aucune précision détaillée sur l’état de santé du chef de l’État.

L’opposition dénonce un pouvoir « en pilotage automatique »

La longue absence présidentielle a également relancé les critiques de l’opposition camerounaise. Plusieurs responsables dénoncent un « vide institutionnel » et accusent le pays de fonctionner en « pilotage automatique » lorsque le président se trouve à l’étranger.

Cette situation intervient alors que plusieurs décisions politiques majeures sont toujours attendues, notamment la formation d’un nouveau gouvernement et la nomination annoncée d’un vice-président.

Les absences prolongées de Paul Biya à l’étranger alimentent depuis plus de deux décennies un débat récurrent sur la capacité du chef de l’État à exercer pleinement ses fonctions et sur la continuité du pouvoir au Cameroun.

Un huitième mandat dans un contexte tendu

Le retour du président intervient également dans un contexte politique marqué par les tensions autour de sa réélection à un huitième mandat, en octobre 2025.

La victoire de Paul Biya avait été suivie de manifestations contestataires, réprimées par les forces de sécurité. Le gouvernement avait reconnu la mort de « plusieurs dizaines » de personnes, sans toutefois communiquer de bilan précis.

À son retour à Yaoundé, le chef de l’État retrouve donc un pays confronté à des attentes politiques importantes, tandis que son âge avancé et ses longues absences continuent de nourrir les interrogations sur l’avenir de la gouvernance camerounaise.

Pour l’heure, le pouvoir camerounais n’a annoncé aucune mesure particulière liée au retour du président.

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