Face aux attaques contre la Première dame Denise Nyakeru Tshisekedi, la question de l’usage responsable des réseaux sociaux se pose
Les réseaux sociaux occupent aujourd’hui une place importante dans la vie quotidienne des Congolais. Facebook, TikTok, YouTube et d’autres plateformes permettent de s’exprimer, de s’informer, de promouvoir des activités et de rapprocher les citoyens de leurs dirigeants. Mais leur utilisation soulève également de nombreuses inquiétudes, notamment face à la multiplication des insultes, des attaques personnelles et des contenus portant atteinte à la dignité d’autrui.
Les récentes attaques visant Denise Nyakeru Tshisekedi, Première dame de la République démocratique du Congo, relancent ainsi le débat sur les limites à ne pas franchir dans l’utilisation de la liberté d’expression sur Internet.
Quand l’insulte devient un moyen de gagner de l’audience
Sur certaines plateformes, les contenus basés sur les insultes, les provocations, les règlements de comptes et l’exposition de la vie privée semblent parfois attirer davantage l’attention que les messages constructifs.
Des chroniqueurs, influenceurs et créateurs de contenus peuvent ainsi réunir des milliers de personnes en direct autour de propos concernant la vie privée ou la réputation d’autres personnes. Les « likes », les commentaires, les partages et le nombre de vues deviennent alors une forme de récompense qui peut encourager la répétition de ces pratiques.
Cette situation mérite une réflexion collective : devons-nous réellement encourager, par nos vues et nos interactions, les contenus qui humilient ou insultent d’autres personnes ?
La liberté d’expression est essentielle dans une société démocratique. Elle permet de critiquer les dirigeants, de dénoncer les injustices et de participer au débat public. Mais critiquer une personnalité publique ne signifie pas nécessairement l’insulter, l’humilier ou exposer sa vie privée.
Une Première dame reste une personne qui mérite le respect
Les critiques adressées à une Première dame ou à toute autre personnalité publique peuvent évidemment faire partie du débat public. Cependant, la fonction occupée ne devrait jamais servir de justification aux insultes ou aux attaques visant la dignité humaine.
Denise Nyakeru Tshisekedi est avant tout une personne, une femme et une mère. Son statut de Première dame lui confère une visibilité particulière, mais cette visibilité ne devrait pas faire disparaître les règles élémentaires de respect et de décence.
Dans la société congolaise, où la famille et le respect des aînés occupent traditionnellement une place importante, il est légitime de s’interroger sur la banalisation de certains propos tenus publiquement sur les réseaux sociaux.
Une responsabilité partagée entre créateurs et utilisateurs
Le problème ne concerne cependant pas uniquement les influenceurs ou les chroniqueurs. Le public joue également un rôle déterminant.
Lorsqu’un contenu insultant rassemble des milliers de personnes, il faut se demander pourquoi il rencontre autant de succès. Chaque vue, chaque partage, chaque commentaire et chaque « like » contribue à donner davantage de visibilité à un contenu.
Les utilisateurs des réseaux sociaux ont donc eux aussi une responsabilité. Ils peuvent choisir de ne pas partager les contenus humiliants, de ne pas participer aux campagnes d’insultes et de privilégier les discussions basées sur les faits et les arguments.
De leur côté, les créateurs de contenus devraient comprendre que leur influence implique une responsabilité. Une forte audience ne devrait pas être considérée comme une autorisation à franchir toutes les limites.
Les réseaux sociaux peuvent servir autrement
Les plateformes numériques ne sont pas mauvaises en elles-mêmes. Elles peuvent être de puissants outils d’éducation, d’information, de sensibilisation, de promotion culturelle et de développement économique.
La RDC dispose d’une jeunesse très présente sur Internet. Cette énergie pourrait être davantage orientée vers la création de contenus éducatifs, la promotion de la culture congolaise, l’entrepreneuriat, l’éducation civique, l’information et la recherche de solutions aux problèmes de société.
Il appartient donc à chacun de contribuer à créer un environnement numérique plus respectueux.
Le respect ne devrait pas dépendre des fonctions
Respecter Denise Nyakeru Tshisekedi ne devrait pas uniquement être une question de soutien politique ou d’appartenance à un camp. Le respect d’une personne devrait aussi découler de principes élémentaires d’éducation et de dignité.
On peut ne pas être d’accord avec une personnalité publique. On peut critiquer ses actions, ses prises de position ou celles des institutions qu’elle représente. Mais le désaccord ne devrait pas automatiquement conduire à l’insulte ou à l’attaque personnelle.
À l’heure où les réseaux sociaux prennent une place croissante dans la société congolaise, il devient nécessaire de promouvoir une véritable culture de la responsabilité numérique.
Grand respect à vous, Maman Denise Nyakeru Tshisekedi. Si certains choisissent de vous manquer de respect, d’autres continueront à vous respecter, non seulement en raison de votre statut de Première dame, mais aussi parce que vous êtes une femme et une mère.

