Patrick Muyaya clarifie les contours du dialogue national et écarte toute révision constitutionnelle à l’ordre du jour

Le porte-parole du gouvernement, Patrick Muyaya, a apporté plusieurs clarifications sur le projet de dialogue national et le débat autour de la Constitution lors du briefing de presse tenu vendredi à Kinshasa.

Interrogé sur le caractère inclusif du dialogue annoncé par le Président de la République, Patrick Muyaya a rappelé que le Chef de l’État avait déjà démontré son ouverture envers les différentes sensibilités politiques du pays. Il a notamment cité les audiences accordées à Martin Fayulu, Adolphe Muzito et au Dr Denis Mukwege, présentées comme des illustrations de cette volonté de rassemblement.

Le ministre de la Communication et des Médias a toutefois fixé une ligne rouge, estimant qu’un dialogue avec des compatriotes considérés comme « complices » de l’agression rwandaise ne saurait être envisagé.

S’agissant de la Constitution, Patrick Muyaya a tenu à démentir les spéculations faisant état d’un projet de révision inscrit à l’agenda gouvernemental.

« La question du changement constitutionnel n’a jamais été inscrite à l’ordre du jour du Conseil des ministres », a-t-il affirmé.

Il a néanmoins estimé que le débat sur certaines dispositions de la Loi fondamentale demeurait légitime, près de vingt ans après sa promulgation, au regard des nouveaux défis auxquels fait face la République démocratique du Congo.

Un dialogue inspiré de la Conférence nationale souveraine

Revenant sur les déclarations du cardinal à propos du dialogue, Patrick Muyaya a souligné que la condamnation sans ambiguïté de l’agression rwandaise constituait un élément central de la démarche du Président Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo.

« Le fait que le cardinal ait parlé de l’agression rwandaise sans ambiguïté donne déjà le ton de la démarche du Président de la République, le rempart contre la balkanisation. Le dialogue doit se tenir en RDC un peu sur le modèle de la Conférence nationale souveraine », a déclaré le porte-parole du gouvernement.

Il a précisé qu’un mécanisme sera mis en place avec les confessions religieuses afin de permettre aux Congolais vivant à l’étranger de prendre part à ce processus national.

Selon lui, l’objectif dépasse les intérêts politiques du Chef de l’État et vise avant tout la défense de la souveraineté nationale.

« L’enjeu ici, ce n’est pas le Président Tshisekedi, lui-même héritier de cette situation de guerre. L’enjeu, c’est comment les Congolais de partout au monde arrivent à se mobiliser pour mettre fin à cette agression barbare. Le Cardinal a parlé au nom de nos pères de communion, d’unité entre filles et fils d’un même pays. Eloko eleki intégrité territoriale eza te ! », a-t-il insisté.

À travers ces déclarations, le gouvernement entend présenter le futur dialogue comme un cadre de cohésion nationale destiné à renforcer l’unité des Congolais face aux défis sécuritaires et à préserver l’intégrité territoriale de la République démocratique du Congo.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *