Affaire FRIVAO : Constant Mutamba comparaît devant la Cour de cassation malgré un état de santé préoccupant

L’ancien ministre d’État en charge de la Justice, Constant Mutamba, a comparu ce lundi devant la Cour de cassation dans le cadre du dossier relatif à la gestion du Fonds de réparation et d’indemnisation des victimes des activités illicites de l’Ouganda en République démocratique du Congo (FRIVAO). Arrivé en ambulance, accompagné d’une équipe médicale et muni d’un kit de soins, il a assisté à l’audience malgré un état de santé qu’il présente comme préoccupant.

Cette arrivée sous assistance médicale a retenu l’attention des observateurs présents au siège de la haute juridiction. Quelques heures avant l’ouverture de l’audience, l’ancien garde des Sceaux avait rendu publique une lettre manuscrite dans laquelle il dénonçait ce qu’il qualifie de « troisième procès politique », tout en affirmant sa volonté de comparaître afin de répondre à la justice.

Demande de retransmission en direct du procès

Avant le début des débats, Constant Mutamba a sollicité la retransmission en direct de l’audience sur la Radio-Télévision nationale congolaise (RTNC) ainsi que sur d’autres chaînes de télévision. Selon lui, cette diffusion permettrait aux victimes de la guerre de Kisangani, principales bénéficiaires du FRIVAO, ainsi qu’à l’opinion publique, de suivre les débats et de se faire une idée de la gestion des fonds avant, pendant et après son passage au ministère de la Justice.

« Trois magistrats dans ma chambre d’hôpital »

Au cours de l’audience, l’ancien ministre est revenu sur les circonstances de son audition préalable, affirmant avoir été entendu alors qu’il était hospitalisé.

« J’ai reçu trois magistrats dans ma chambre d’hôpital. Je ne pouvais même pas parler. Ils m’ont trouvé pratiquement en tenue d’Adam, en train de recevoir mes traitements. Ils m’ont posé deux questions qui n’ont rien à voir avec les faits repris dans la citation à comparaître. Je n’y ai d’ailleurs pas répondu. J’attends d’accéder au procès-verbal pour voir ce que le greffier a repris », a déclaré Constant Mutamba devant la Cour de cassation.

Un nouveau dossier dans un contexte judiciaire tendu

Cette comparution intervient dans un contexte judiciaire particulièrement sensible pour l’ancien ministre. La Cour de cassation l’a récemment condamné à trois ans de prison dans une autre affaire portant sur la gestion de plus de 19 millions de dollars destinés à la construction d’une prison centrale à Kisangani, dans la province de la Tshopo.

Le dossier FRIVAO constitue ainsi un nouveau chapitre des procédures judiciaires visant l’ancien membre du gouvernement, qui continue de contester les poursuites engagées contre lui, les qualifiant de politiques.

L’affaire a été renvoyée pour la poursuite de son instruction devant la Cour de cassation. Les prochaines audiences devraient permettre d’examiner le fond des accusations relatives à la gestion des fonds destinés à l’indemnisation des victimes des activités illicites de l’Ouganda en République démocratique du Congo.

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