Félix Tshisekedi fixe ses conditions : « Le dialogue oui, mais dans le respect de la République ; la paix ne se négocie pas sous la menace des armes »

« La paix ne se négocie pas sous la menace des armes »

À la veille de la célébration du 66ᵉ anniversaire de l’indépendance de la République démocratique du Congo, le président Félix Tshisekedi a prononcé une adresse à la Nation dans laquelle il a fixé les conditions d’un éventuel dialogue politique, tout en revenant sur les enjeux sécuritaires, sanitaires et économiques auxquels le pays est confronté.

Le dialogue oui, mais dans le respect de la République

Dans un discours au ton ferme, le Chef de l’État a affirmé que le recours aux armes ne saurait constituer un moyen d’accéder à des négociations politiques.

Selon lui, la violence, la désinformation et toute atteinte à la souveraineté nationale ne peuvent être considérées comme des modes d’expression politique légitimes. Félix Tshisekedi a ainsi réaffirmé que toute démarche de dialogue doit impérativement s’inscrire dans le respect des institutions républicaines et de la Constitution.

« La paix ne peut être ni une mise entre parenthèses de la vérité, ni une récompense accordée à ceux qui prennent les armes contre la République, encore moins un compromis sur notre souveraineté ou notre intégrité territoriale », a déclaré le président.

L’unité nationale comme priorité

Face aux défis sécuritaires persistants dans l’Est du pays, le Chef de l’État a appelé les Congolais à préserver l’unité nationale.

Il a reconnu que les divergences politiques sont légitimes dans une démocratie, mais a estimé qu’elles ne doivent pas affaiblir la République au moment où celle-ci fait face à des menaces majeures.

Félix Tshisekedi a toutefois indiqué que la République reste ouverte au dialogue avec tous les Congolais qui choisissent la voie pacifique et respectent les institutions de l’État.

« La République ne ferme la porte à aucun de ses enfants, dès lors qu’il choisit la voie de la paix, du dialogue, du respect des institutions et de la loyauté envers la nation », a-t-il affirmé.

Une riposte renforcée contre Ebola

Le président de la République est également revenu sur la résurgence de la maladie à virus Ebola, souche Bundibugyo, signalée dans les zones de santé de Rwampara, Mongwalu et Bunia, en province de l’Ituri.

Il a annoncé la mise en œuvre d’un plan national de riposte évalué à 319 millions de dollars américains, précisant que les premières ressources ont déjà été mobilisées afin de soutenir les opérations sur le terrain.

Appelant la population à la vigilance, Félix Tshisekedi a insisté sur l’importance du respect des mesures sanitaires et de la lutte contre la désinformation.

« Ebola n’est ni une rumeur ni une honte. C’est une urgence sanitaire qui exige responsabilité, solidarité et vérité », a-t-il rappelé.

Transformer les minerais en moteur de développement

Sur le plan économique, le Chef de l’État a réaffirmé sa volonté de transformer le modèle d’exploitation des ressources minières de la RDC.

Il a estimé que le pays devait désormais privilégier la transformation locale de ses minerais afin de créer davantage de valeur ajoutée et d’emplois.

Selon lui, le temps de l’exportation des minerais à l’état brut doit appartenir au passé. Il a notamment cité le cobalt, le cuivre, le coltan et le lithium comme des ressources stratégiques appelées à jouer un rôle central dans la transition énergétique mondiale.

Le président a également souligné que les partenariats internationaux, notamment avec les États-Unis, devront contribuer au renforcement de la souveraineté économique du pays, à la sécurisation des chaînes de valeur et à la création d’emplois durables au bénéfice de la jeunesse congolaise.

Un message axé sur la souveraineté

À travers cette adresse à la Nation, Félix Tshisekedi a placé la souveraineté, la sécurité et l’unité nationale au cœur de son message. Il a réaffirmé que le dialogue demeure possible, mais uniquement dans le respect des lois de la République, tout en appelant les Congolais à faire bloc face aux défis sécuritaires, sanitaires et économiques que traverse le pays.

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